Par Pascal BILLO

Handicap rime t’il obligatoirement avec impossibilité de pratiquer une activité sportive au quotidien ?

Nous verrons qu’il n’en est rien, et que dans ce domaine le cyclisme peut répondre assez facilement à nombre de situations allant d’un handicap moteur léger (de type arthrose d’un genou) à un handicap moteur plus lourd (amputations d’un ou plusieurs segments de membres) ou à un handicap sensoriel (perte d’équilibre, perte totale ou partielle de la vue).

Dans ce domaine très sensible, comme souvent dans l’existence humaine, rien ne peut malgré tout se substituer à la volonté de celui qui se trouve face à un handicap, en d’autres termes « tout vient de la volonté et de l’esprit pugnace de celui qui est frappé dans sa chair ».

Nous verrons également que loin d’être une sorte de « folie » cette pratique a des effets bénéfiques sur la santé physiologique mais également psychologique au travers de l’estime de soi et de la possibilité de dépasser ses limites.

Bien sûr, afin de limiter au maximum la prise de risque, les conseils et l’entourage de ces personnes courageuses et volontaires doivent être de qualité, de ce fait le Masseur Kinésithérapeute occupe une place privilégiée.

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Les bienfaits du cyclisme sur la santé des personnes à mobilité réduite

De nombreuses études montrent que la pratique régulière du cyclisme de loisir et sportive, peu intensive, apporte de nombreux bienfaits à la santé de ceux qui s’y adonnent.

Le vélo, discipline de plein air, est un sport d’endurance qui contribue à améliorer :

– la capacité d’effort du système cardio-vasculaire et respiratoire, diminuant ainsi les risques d’accidents cardiaques et vasculaires cérébraux des pratiquants.

– l’augmentation de la force et de l’endurance des muscles des membres inférieurs (quadriceps, ischios-jambiers, muscles fessiers, muscles triceps sural) mais aussi celle des bras (triceps brachial, biceps, épaules) et du tronc (dorsaux et abdominaux).

– l’augmentation de la production d’endorphine favorisant une meilleure gestion de la douleur, un meilleur système immunitaire et un retentissement positif sur le psychisme des pratiquants.

– la qualité osseuse du fait de l’activité musculaire, évitant les risques de l’ostéoporose.

– la diminution de la masse graisseuse et amélioration du métabolisme du fait d’une meilleure gestion des sucres, contribuant à lutter contre les risques diabétiques, contribuant également à faire baisser le taux de Cholestérol et des triglycérides.

– le transit intestinal dû à l’activité musculaire abdominale.

– l’entretien de l’équilibre postural et des réflexes.

 

Au-delà des bienfaits sur la santé que le cyclisme peut apporter à ceux qui le pratiquent régulièrement, il peut également permettre aux personnes dites « à mobilité réduite » de reprendre une activité sportive.

Avant tout, il faut distinguer deux types de handicaps :

• Les personnes ayant un handicap lourd.

• Les personnes ayant un handicap léger.

Par handicaps lourds on entend :

– les personnes atteintes de troubles neurologiques sous forme de paraplégies, tétraplégies, hémiplégies, mais aussi des maladies comme la sclérose en plaque ou la maladie de Parkinson.

– les personnes ayant subit une amputation d’un segment de membre, d’un membre ou de plusieurs membres.

 

Pour ces personnes la pratique du vélo se fera par l’intermédiaire de vélos adaptés, de tricycles, ou de vélos avec système de stabilisateurs latéraux (pour les personnes atteintes de troubles de l’équilibre), mais également de handbikes pour les personnes atteintes gravement au niveau des membres inférieurs.

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Il faut noter également, depuis quelques années, l’apparition de vélos électriques qui peuvent être intéressants pour des personnes paralysées ou présentant un grave handicap cardio-respiratoire. (site : http://www.cyclesud.fr/chroniques/velo-handicap.html).

Autre handicap lourd, les personnes atteintes de troubles de la vue (aveugles ou malvoyants) peuvent pratiquer le vélo en tandem avec une personne ayant toute ses facultés visuelles.

Des associations comme l’Association « Valentin Haüy pour le Bien des Aveugles » à Nice, fait rouler régulièrement des personnes malvoyante en tandem.

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Par handicaps légers on entend :

– des personnes atteintes de troubles musculo-squelettiques au niveau d’une ou plusieurs articulations ou du rachis de type arthrose ou suites d’accidents domestiques ou de la voie publique, entrainant une difficulté à se déplacer sur de longues ou moyennes distances (quelques centaines de mètres ou plus).

– des personnes atteintes d’amputations d’un segment de membre et appareillées.

– des personnes atteintes de troubles cardio-respiratoires sévères, entrainant une difficulté à se déplacer sur plusieurs centaines de mètres.

Pour ces personnes l’utilisation d’un vélo classique ou électrique peut être une bonne solution, soit pour se déplacer dans un but pratique, domestique ou professionnel, soit dans un but sportif.

En effet grand nombre de sportifs quadragénaires, quinquagénaires ou plus âgés sont parfois amenés à pratiquer le cyclisme pour poursuivre une activité sportive, leur discipline de départ n’étant plus adaptée ou ayant engendrée des pathologies. L’exemple le plus fréquent, est la pratique de la course à pied, qui du fait d’une détérioration des cartilages des genoux, oblige à un changement de discipline sportive vers le cyclisme, qui est un sport porté.

Certains pratiquants handicapés et appareillés au niveau des membres inférieurs participent régulièrement à des compétitions sportives cyclistes avec d’excellents résultats ce qui, n’en doutons pas, est pour eux, une réelle source de satisfaction et d’estime de soi.

Gentlemen

Par sa faculté à être adapté à un grand nombre de difficultés physiques allant jusqu’aux handicaps légers ou lourds, le cyclisme est l’une des disciplines sportives privilégiées, pour répondre aux attentes des personnes touchées et les aider à vivre comme tout un chacun.