Dans le cadre de la régulation de notre activité, la profession a souhaité s’engager dans une démarche de régulation qualitative médicalisée par opposition à la seule maîtrise comptable (quotas). Les modalités de cette régulation figurent dans l’arrêté du 28 avril 2006 signé par nos représentants ainsi que nos partenaires sociaux.

Le Bilan Diagnostic Kinésithérapique (BDK) en est l’un des principaux instruments. Acte intellectuel par nature, il a pour objectif d’informer le médecin prescripteur, le médecin conseil dans les conditions prévues dans l’arrêté sus-cité, ainsi que le patient. Outre son aspect règlementaire, il a pour finalité de constituer un élément de traçabilité permettant d’améliorer la qualité des soins et de favoriser l’autonomisation de notre profession. Le BDK c’est plus de sécurité vis-à-vis des caisses, car c’est le seul moyen de défense ou d’opposition à un refus du contrôle médical. Le BDK est obligatoire à partir de 10 séances, puis de nouveau toutes les 20 séances pour les rééducations respiratoires, orthopédiques (cotation du bilan 8,1) et toutes les 50 séances pour le traitement de rééducation des conséquences des affections neurologiques et musculaires, en dehors des atteintes périphériques radiculaires ou tronculaires (cotation du bilan AMK ou AMC 10,1). En conséquence, le BDK est un acte intellectuel rémunéré au moins 17,41 € ! Le BDK c’est, en moyenne, 2 100 € par an, de plus par masseur-kinésithérapeute. Ce dispositif étant actuellement sous-utilisé, ne pas faire ses BDK, c’est faire un cadeau de 120 millions d’€ à l’UNCAM !!! A cet effet, une aide méthodologique a été élaborée en commun et rappelle les principaux critères que doit contenir le BDK.

Définitions

Déficiences, incapacités et handicaps (issus de la Classification Internationale du Handicap, Wood 1980) constituent les trois axes permettant d’évaluer la personne dans sa globalité et non pas seulement à partir de critères biomédicaux qui ne reflèteraient pas nécessairement la réalité fonctionnelle de la personne dans son environnement social. La déficience se définit donc comme une altération ou une lésion au niveau de l’organe comme par exemple une fracture, une raideur articulaire, un déficit musculaire, une douleur… L’incapacité relève des possibilités fonctionnelles de la personne qui résultent de la déficience (bilan fonctionnel). Le handicap exprime les répercussions sociales de l’incapacité dans la vie sociale de la personne.
Exemple : une fracture du fémur (déficience) rend impossible la marche (incapacité), ce qui oblige la personne à interrompre momentanément son activité professionnelle (handicap).

Méthodes

Tout d’abord il faut insister sur le fait que le BDK est de forme libre. Cependant il existe une fiche type de liaison que l’on peut télécharger sur le site de la Sécurité Sociale. D’autre part le BDK doit contenir :

Des renseignements socio-administratifs

Sur le patient :
• Nom, prénom
• Sexe
• Date de naissance
• Numéro de sécurité Sociale

Sur la prescription :
• Nom du médecin prescripteur
• Diagnostic médical
• Date, contenu et nature de la prescription (quantitative ou non, traitement initial ou renouvellement)

Le bilan

Afin de faciliter la lecture de ce document, seuls les éléments les plus pertinents doivent figurer dans ce chapitre. Il reprend les trois axes ci-dessus : déficiences, incapacités et handicaps, ce qui permet une adaptation quelle que soit la pathologie. L’objectif étant de mettre en évidence l’évolution du traitement, il doit être chiffré.
Par exemple :

• Les Déficiences :
Douleur objectivée par l’Echelle Visuelle Analogique (EVA).
Déficits articulaires exprimés en degrés d’angle.
Déficits musculaires coté de 0 à 5.
Capacité vitale exprimée en litres…

• Les Incapacités :
C’est le bilan fonctionnel de la personne. Il doit être le plus précis possible et chiffré. C’est lui qui va permettre de mettre en évidence les résultats du traitement. Utiliser des bilans d’incapacité validés et comportant un score.
L’AFREK (Association française de Recherche et d’Evaluation en Kinésithérapie) a répertorié ces bilans par région ou par pathologie. Ils sont disponibles gratuitement sur son site Internet : http://www.afrek.com/.

• Les Handicaps :
Répertorier les répercussions sociales des incapacités comme, par exemple, l’interruption des activités professionnelles, des activités de loisirs… Des bilans de qualité de vie sont également disponibles sur le site de l’AFREK.

Le Diagnostic Kinésithérapique :

Il se différencie du diagnostic médical qui est l’identification d’une pathologie.

C’est une « conclusion prospective » (Rey, 2004) qui permet, en fonction de l’état de la personne, de ses souhaits et des connaissances actuelles de la science, d’envisager un projet de soins.

Par exemple : « Personne âgée de 60 ans actuellement dans l’incapacité fonctionnelle de marcher. Traitement prévoyant une restitution partielle de la fonction compte tenu de l’âge et de la nature des lésions, avec reprise partielle de ses activités. »

Le contenu du bilan-diagnostic kinésithérapique :

Le bilan, extrait du dossier masso-kinésithérapique, permet d’établir le diagnostic kinésithérapique et d’assurer la liaison avec le médecin prescripteur.
Le bilan est le reflet des examens cliniques successifs réalisés par le masseur-kinésithérapeute et comporte :

– l’évaluation initiale des déficiences (analyse des déformations et des degrés de liberté articulaire, évaluation de la force musculaire, de la sensibilité, de la douleur…)
– L’évaluation initiale des incapacités fonctionnelles (évaluation des aptitudes gestuelles, possibilité ou non de réaliser les gestes de la vie courante et de la vie professionnelle…).

Ces évaluations permettent d’établir un diagnostic kinésithérapique et de choisir les actes et les techniques les plus appropriés.
Le bilan-diagnostic kinésithérapique est enrichi, au fil du traitement, par :

– la description du protocole thérapeutique mis en œuvre (choix des actes et des techniques, nombre et rythme des séances, lieu de traitement, traitement individuel et/ou en groupe) ;
– la description des événements ayant éventuellement justifié des modifications thérapeutiques ou l’interruption du traitement ;
– les résultats obtenus par le traitement, notamment en termes anatomiques et fonctionnels par rapport à l’objectif initial ;
– les conseils éventuellement donnés par le masseur-kinésithérapeute à son patient ;
– les propositions consécutives (poursuite du traitement, exercices d’entretien et de prévention.

Il est à noter que les éléments relatifs au bilan-diagnostic kinésithérapique initial (évaluation, diagnostic kinésithérapique, protocole thérapeutique précisant le nombre de séances) sont tenus à la disposition du service du contrôle médical à sa demande.

Ce qui est communiqué au médecin prescripteur est la fiche Synthétique.

Modalité d’envoi de la fiche synthétique du bilan-diagnostic kinésithérapique au médecin prescripteur

Une fiche synthétique du bilan-diagnostic kinésithérapique est adressée au médecin prescripteur au terme d’un traitement supérieur ou égal à dix séances ou lorsqu’une prolongation du traitement s’avère nécessaire.
Dans ce cas, cette fiche synthétique intermédiaire comporte les motifs et les modalités de la proposition de prolongation du traitement, notamment quant au nombre de séances.
Elle est également adressée au médecin prescripteur lorsqu’il est nécessaire de modifier le traitement initialement prévu ou lorsqu’apparaît une complication pendant le déroulement du traitement.

A tout moment, au vu de la fiche synthétique, le médecin prescripteur peut intervenir, en concertation avec le masseur-kinésithérapeute, pour demander une modification du protocole thérapeutique ou interrompre le traitement. Les fiches synthétiques du bilan-diagnostic kinésithérapique sont tenues à la disposition du service du contrôle médical à sa demande.

Modalités de rémunération du bilan-diagnostic kinésithérapique

La cotation en AMS, AMK ou AMC du bilan est forfaitaire. Elle ne peut être appliquée que pour un nombre de séances égal ou supérieur à 10.

Un bilan-diagnostic kinésithérapique est facturé, cotation 8,1, pour un nombre de séances compris entre 10 et 20, puis de nouveau toutes les 20 séances pour traitement de rééducation et de réadaptation fonctionnelle figurant au chapitre II ou III pour tous types d’actes à l’exception des actes de rééducation neurologique.

Dans ce cas, un bilan-diagnostic kinésithérapique est facturé, cotation 10,1, pour un nombre de séances compris entre 10 et 50, puis de nouveau toutes les 50 séances pour tous traitement de rééducation des conséquences des affections neurologiques et musculaires, en dehors des atteintes périphériques radiculaires ou tronculaires.

Ces fiches synthétiques contiennent obligatoirement :

Les objectifs thérapeutiques :

Elles mettent en évidence les différentes étapes du traitement prévu.

Par exemple :
A court terme, traitement antalgique, lutte contre l’œdème…
A moyen et long termes, restitution de la mobilité articulaire, de l’extensibilité musculaire et réapprentissage de la marche.

Le Déroulement de l’acte de rééducation:

Nombre de séances prévues, lieu des séances, individuelles ou en groupe.

L’Education thérapeutique :

Exprimer les objectifs et les moyens pédagogiques mis en œuvre dans le cadre d’une démarche de prévention.

Par exemple, dans le cadre de la lombalgie, apprentissage des gestuelles de prévention, documents d’informations…

Et la Fin de traitement :

Indiquer si les objectifs ont été atteints totalement, partiellement ou pas du tout, ce qui permet de justifier les propositions d’arrêt ou de poursuite du traitement formulées au médecin prescripteur.

Prévoir enfin un espace « commentaires » si besoin, dater et signer le document.