La politique professionnelle révèle parfois bien des surprises lors des cessions parlementaires des lois cadres. L’ensemble des syndicats rebondissant sur une initiative du conseil national de

l’ordre, aura permis lors d’un travail commun, de proposer au cabinet ministériel une nouvelle définition de la profession, réaffirmant notre place prépondérante dans le paysage des professions de santé et dans le parcours de soins.

Si l’on conçoit qu’une profession peut être décrite en des termes généraux définissant un cadre d’exercice et de compétences, il reste surprenant de trouver dans cette proposition un deuxième volet plus précis à caractère administratif.

Nous retiendrons que ce texte reste de première importance par son niveau légaliste et par ces termes, qui permettront aux professionnels, lors de la parution de son décret, d’exercer son art avec la responsabilité et l’indépendance que l’usagé en attend.

Précisément, la première partie détermine les missions liées aux compétences, reconnaissant

enfin notre rôle prépondérant dans l’éducation à la santé, l’expertise et les capacités d’évaluation dans la médecine physique, la formation de nos pairs et le développement scientifique.

La deuxième partie reconnaît la logique administrative de pouvoir adapter la prescription d’un traitement thérapeutique, initialement ordonné par un médecin, en fonction de nos évaluations et permet aux usagés d’accéder directement à nos soins pour un début de traitement en cas

d’urgence et d’impossibilité d’accéder à une consultation médicale. Cette logique répond enfin au vécu quotidien de notre exercice libéral.

Nous attendrons avec vigilance les termes du décret conditionnant cet accès !! Souhaitons que le délai de parution ne déçoive pas les professionnels éternellement !!

Définition

« La pratique de la masso-kinésithérapie comporte la promotion de la santé, la prévention, le diagnostic kinésithérapique et le traitement : 1° Des troubles du mouvement ou de la motricité de la personne ; 2° Des déficiences ou altérations des capacités fonctionnelles. Le masseur-kinésithérapeute peut également concourir à la formation initiale et continue ainsi qu’à la recherche. Le masseur-kinésithérapeute exerce en toute indépendance et pleine responsabilité conformément aux dispositions du code de déontologie mentionné à l’article L. 4321-21. Dans le cadre des pathologies héréditaires, congénitales ou acquises, stabilisées ou évolutives impliquant une altération des capacités fonctionnelles, le masseur-kinésithérapeute met en œuvre des moyens manuels, instrumentaux et éducatifs, et participe à leur coordination. Dans l’exercice de son art, seul le masseur-kinésithérapeute est habilité à utiliser les savoirs disciplinaires et les savoir-faire associés d’éducation et de rééducation en masso-kinésithérapie qu’il estime les plus adaptés à la situation et à la personne, dans le respect des dispositions du code de déontologie précité. La définition des actes professionnels de masso-kinésithérapie dont les actes médicaux prescrits par un médecin est précisée par un décret en Conseil d’État, après avis de l’Académie nationale de médecine. Lorsqu’il agit dans un but thérapeutique, le masseur-kinésithérapeute pratique son art sur prescription médicale et peut adapter, sauf indication contraire du médecin, dans le cadre d’un renouvellement, les prescriptions médicales initiales d’actes de masso-kinésithérapie datant de moins d’un an, dans des conditions définies par décret. Il peut prescrire, sauf indication contraire du médecin, les dispositifs médicaux nécessaires à l’exercice de sa profession. La liste de ces dispositifs médicaux est fixée par arrêté des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale après avis de l’Académie nationale de médecine. En cas d’urgence et en l’absence d’un médecin, le masseur-kinésithérapeute est habilité à accomplir les premiers actes de soins nécessaires en masso-kinésithérapie. Un compte rendu des actes accomplis dans ces conditions est remis au médecin dès son intervention. »