Mise au point sur la réforme des études d’ostéopathie

par Jean-François TESSIER (Adapté d’un article de Bernard Gautier, MKO, vice président de l’Amko)

L’arrêté du 6 janvier 1962 porte sur la mise en place de l’ordonnance quantitative et qualitative.  Ce même arrêté réduit le champ de compétence des masseurs kinésithérapeutes (MK). Il leur interdit la manipulation considérée comme une manœuvre de force. L’accès à l’ostéopathie et à la chiropraxie ne nous est plus autorisé.

Il faut attendre l’arrêté du 22 février 2000 pour que l’ordonnance ne soit plus obligatoirement qualitative et quantitative. Le MK, après la formulation de son BDK, prend alors l’initiative de fixer le nombre de séances et son programme de traitement, si le prescripteur ne le mentionne pas.

Deux années passent et le 4  mars 2002 paraît la loi légalisant l’ostéopathie. Les décrets d’application n’apparaissent que le 25 mars 2007. Désornais, l’ostéopathie est un titre partagé entre les professionnels de santé et ceux qui ne le sont pas.

Tout dernièrement, le 14 décembre 2014, trois textes, un décret et deux arrêtés paraissent au Journal Officiel concernant la formation et les dispenses d’enseignement mettant fin au laisser aller des admissions dans la pléthore d’écoles privées de non professionnels de santé.

Ces derniers se réjouissent car ils obtiennent 5 années d’études avec 4.860 heures. Les MK devront désormais, quant à eux, après avoir effectué une formation initiale de 4 années + une année majoritairement en PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé) suivre un peu plus de 1.800 heures au lieu des 1.225 auparavant pour acquérir le titre d’ostéopathe totalisant ainsi plus de 5.000 heures. Cette augmentation de quelques 600h de formation continue qui a fait l’objet de la part des syndicats et de l’Ordre, d’un recours en conseil d’état, devrait compliquer l’accès aux études d’ostéopathie.

Les ostéopathes non professionnels de santé le sont toujours. A ceci près que les subtilités de la langue française, mêlées aux textes européens sur la libre circulation des personnes et des services, leurs permettent de se qualifier professionnels de la santé, sans doute comme Jean l’était De La Fontaine ou François De La Rochefoucauld.

Quoi qu’il en soit, l’ostéopathe n’agit que dans son domaine de compétence, c’est-à-dire les troubles fonctionnels. Le certificat de non contre-indication lui est toujours indispensable pour une intervention sur les cervicales, le crâne et les bébés de moins de six mois. Cela limite tout de même l’accès direct. Par contre la publicité ne connaît pas la limite, puisqu’ils y sont toujours autorisés.

En ce début d’année 2015, un peu d’amertume nous habite. Depuis cet arrêté du 6 janvier 1962, l’ostéopathie échappe à la Masso Kinésithérapie au prétexte que sont interdites aux MK « les mobilisations forcées des articulations ainsi que toutes les manipulations vertébrales…… ».

Sommes-nous encore au Moyen-âge où les dentistes n’étaient que des arracheurs de dents ? Nos techniques ont beaucoup évolué. Il n’est pas besoin de forcer une articulation pour lui redonner de la mobilité. Nous agissons avec douceur sur l’ensemble des tissus, car nous savons les écouter.

Alors, si la manipulation n’est plus cette manœuvre de force, mais une technique de relâchement et d’équilibrage des tissus pour une meilleure posture et économie du corps du patient, n’est-il pas temps d’arrêter l’arrêté du 6 janvier 1962 ?

 

En pratique, actuellement et jusqu’au 30 juin 2015, la commission d’agrément  ministériel se réunit régulièrement pour étudier les dossiers déposés par les centres  formations afin d’obtenir le nouvel agrément correspondant à l’exigence de la réforme des études. Dès la publication au début de l’été, nous conseillons aux futurs stagiaires de se rapprocher de leur centre de formation pour connaître les nouveaux agréments. Nous en publierons la liste.