Défini en grande partie par l’Arrêté du 6 janvier 1962, modifié par les Arrêtés des 3 et 6 juin 1966 et suivants, jusqu’à celui du 22 février 2000, dont l’une des avancées est la suppression de l’obligation, pour le prescripteur, du quantitatif et du qualitatif sur la prescription médicale, l’Article R4321-1 fixe la liste des actes médicaux ne pouvant être pratiqués seulement par des médecins ou pouvant être pratiqués également par des auxiliaires médicaux.

« La masso-kinésithérapie consiste en des actes réalisés de façon manuelle ou instrumentale, notamment à des fins de rééducation, qui ont pour but de prévenir l’altération des capacités fonctionnelles, de concourir à leur maintien et, lorsqu’elles sont altérées, de les rétablir ou d’y suppléer. Ils sont adaptés à l’évolution des sciences et des techniques ».

D’une analyse de cette définition, on retiendra une différenciation des compétences à savoir :

  • Des compétences déléguées par le médecin uniquement dans le cadre pathologique (Article R4321-5).
  • Des compétences partagées ou propres en dehors du cadre pathologique avec d’autres professions de santé (Article R4321-10).

Ces compétences nous sont accordées car elles découlent d’un acte intellectuel : le B.D.K. De plus, depuis le 9 janvier 2006, le Masseur – Kinésithérapeute est habilité à prescrire un certain nombre de dispositifs médicaux.

On distingue à ce sujet:

  • Les prescriptions effectuées dans le cadre pathologique qui ne doivent pas être contraire à l’avis médical.
  • Les prescriptions effectuées dans le cadre non pathologique dont le droit de prescription est libre.
  1. Les compétences déléguées par le médecin (Article R4321-5).

Sur prescription médicale, ou au sein d’un établissement de soins, le masseur-kinésithérapeute est habilité à participer aux traitements de rééducation suivants :

– rééducation orthopédique, neurologique, traumatique, respiratoire, cardiovasculaire et troubles vasculaires et lymphatiques, que cela concerne un ou plusieurs segments ainsi que l’ensemble du système physiologique en question.

– rééducation concernant les séquelles d’amputations, de lésions abdominales, de renforcement périnéo-sphinctérienne après accouchement, et des brûlures.

– rééducation d’une fonction particulière comme celle de la motilité faciale et de la mastication, de la déglutition, des troubles de l’équilibre.

Article R4321-9

Dans le cadre des traitements prescrits par le médecin et au cours de la rééducation entreprise, le masseur-kinésithérapeute est habilité :

  • A prendre la pression artérielle et les pulsations.
  • Au cours d’une rééducation respiratoire :
  • A pratiquer les aspirations rhinopharyngées et les aspirations trachéales chez un malade trachéotomisé ou intubé.
  • A administrer en aérosols, préalablement à l’application de techniques de désencombrement ou en accompagnement de celle-ci, des produits non médicamenteux ou des produits médicamenteux prescrits par le médecin.
  • A mettre en place une ventilation par masque.
  • A mesurer le débit respiratoire maximum.
  • Mais également à prévenir les escarres.
  • A assurer la prévention non médicamenteuse des thromboses veineuses.
  • A contribuer à la lutte contre la douleur et à participer aux soins palliatifs.

 

  1. Les compétences partagées avec les médecins Article R4321-10

En cas d’urgence et en l’absence d’un médecin, le masseur-kinésithérapeute est habilité à accomplir les gestes de secours nécessaires jusqu’à l’intervention d’un médecin. Un compte rendu des actes accomplis dans ces conditions est remis au médecin dès son intervention.

 

  1. Les Compétences partagées avec d’autres professions de santé ou intervenants sanitaires Article R4321-11, Article R4321-12, Article R4321-13 :

  • La forme et le bien-être

Les activités de forme et de remise en forme, de relaxation ou de bien-être (y compris le massage non thérapeutique, sous toutes ses formes) sont de la compétence du masseur-kinésithérapeute, mais effectuées hors nomenclature.

La remise en forme ou la gymnastique hygiénique et d’entretien donne le choix à de    nombreuses prestations différentes, par exemple, la gymnastique douce ou le stretching.

Mais aussi des techniques à visées esthétiques concernant la silhouette, la peau ainsi que la méthode FELDENKRAIS, méthode d’éducation somatique.

  • La gymnastique

Qu’elle soit médicale ou non, la gymnastique fait partie du champ de compétence du masseur-kinésithérapeute : dans son cabinet, un masseur-kinésithérapeute a le droit de faire de la musculation, de la gymnastique tant sur le plan thérapeutique, que sur le plan entretien et (ou) prévention, avec ou sans prescription médicale.

En dehors de son cabinet, un masseur-kinésithérapeute peut légalement enseigner les activités physiques et sportives, la musculation, etc., dans des structures associatives ou de collectivités territoriales ou dans d’autres structures de forme commerciale.
Si un masseur-kinésithérapeute exploite seul une salle d’activités physiques et sportives, il obéit à la réglementation de la Jeunesse et des Sports mais cette activité est une activité d’enseignant.

  • La prévention

Qu’elle soit ergonomique ou physique, elle est de la compétence des masseurs-kinésithérapeutes.

Elle se présente le plus souvent sous deux formes :

– en entreprise avec l’observation des postes de travail.
– en milieu sportif avec l’étude du geste sportif, afin de prévenir l’apparition de troubles   musculo-squelettiques (TMS).

L’encadrement de séances d’éducation à la prévention en santé se déroule sous la forme d’ateliers théoriques et pratiques comme, par exemple, la prévention de lombalgie par l’Ecole du Dos.

  • La formation et la recherche

L’Article R4321-13 précise que selon les secteurs d’activité où il exerce et les besoins rencontrés, le masseur-kinésithérapeute participe à différentes actions d’éducation, de prévention, de dépistage, de formation et d’encadrement.

Ces actions concernent en particulier :

  • La formation initiale et continue des masseurs-kinésithérapeutes.
  • La contribution à la formation d’autres professionnels.
  • La collaboration, en particulier avec les autres membres des professions sanitaires et sociales, permettant de réaliser des interventions coordonnées, notamment en matière de prévention.
  • Le développement de la recherche en rapport avec la masso-kinésithérapie.
  1. Les Compétences propres 
  • Le massage

En vertu du décret de compétence et des articles L.4321-1 et R.4321-3 du CSP, la pratique du massage, quelle qu’en soit la forme, est de la compétence exclusive des masseurs-kinésithérapeutes, qu’il soit en rapport avec le cadre pathologique ou non pathologique.

Le massage thérapeutique, sportif ou de bien-être, le drainage lymphatique manuel ou mécanisé, le palper-rouler manuel ou mécanisé ou encore le massage réflexe sont des actes qui répondent à la définition légale du massage et sont exclusivement de la seule compétence du Masseur Kinésithérapeute D.E.
Par ses compétences, le Masseur Kinésithérapeute est amené à employer certaines techniques spécifiques :

Le code de la santé publique (article R.4321-123 et R.4321-125 du CSP) autorise l’usage de certaines spécificités d’exercice comme :

– la balnéothérapie.
– le traitement de la douleur (en rapport avec un centre antidouleur).
– le drainage lymphatique.
– la kinésithérapie du sport.
– la méthode Mézières.
– la posturologie, en rapport avec la pratique sportive ou autre.
– la rééducation gérontologique.
– la rééducation périnéo-sphinctérienne.
– la rééducation maxillo-faciale.
– la rééducation respiratoire.
– la rééducation vestibulaire.
– les soins palliatifs.

Les Compétences Géographiques

  • En France, depuis la parution du décret n°2010-334  du 26 mars 2010, un nouveau dispositif a été mis en place concernant les modalités de délivrance de l’autorisation d’exercice.

En effet, depuis le 1er Juin 2010 toutes les demandes d’autorisation d’exercice sont traitées par les Préfets de région en lien  avec les Directions Régionales de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS) de la région dans laquelle vous envisagez d’exercer.

Pour exercer sur le territoire français, le Masseur Kinésithérapeute doit être inscrit au tableau de l’Ordre National des Masseurs Kinésithérapeutes.

C’est une condition nécessaire pour être conventionné auprès des organismes sociaux comme la C.P.A.M ou les mutuelles, afin de bénéficier de la prise en charge des actes réalisés.

  • En Europe, la libre circulation des professionnels est l’un des fondements du marché unique au sein de l’Union Européenne.

La directive 2005/36/CE définie la manière dont les professions réglementées peuvent s’installer dans un état membre.
Parmi celles-ci, les professionnels de santé dont les kinésithérapeutes sont en bonne place (figure 1). Ainsi, depuis 1997, près de 20 000 kinés se sont installés dans un autre pays d’Europe.

GraphProfessions

Graphe : les kinésithérapeutes (PT) : représente la 4ème profession réglementée la plus mobile en Europe.

Les kinésithérapeutes Français sont parmi les moins mobiles, puisqu’ils ne représentent que 1,59% des mouvements au sein de l’Union Européenne.

Inversement, les « Physiothérapeutes » Allemands sont près de 4500 à être installés à l’étranger.

 

  • Dans le reste du monde, des associations comme Kinés du Monde dont l’objet est de « FORMER POUR MIEUX SOIGNER » peuvent permettre aux Masseurs Kinésithérapeutes d’agir dans le cadre de l’aide humanitaire dans différents continents, notamment l’Afrique, L’extrême Orient, l’Amérique du Sud.

 

L’objectif de l’association Kinés du Monde est de faciliter l’accès des populations des pays en voie de développement aux soins de rééducation.

Il s’agit d’une action de développement qui vise à former des équipes locales.

Kinés du Monde participe ainsi à des programmes de santé publique et de santé communautaire.

D’autres associations comme Médecins sans frontières emploient également des kinésithérapeutes dans leurs missions à travers le monde pour :

– participer à l’organisation et au planning des activités médicales et paramédicales de l’hôpital ou du dispensaire.

– superviser les activités des kinésithérapeutes et des techniciens en réadaptation locaux avec les différents services de l’hôpital ou du dispensaire et s’assurer de la conformité des bonnes pratiques en kinésithérapie.

– s’assurer du respect des protocoles MSF.

– veiller à l’entretien et à la bonne utilisation du matériel, s’assurer de la bonne gestion des « consommables » et prendre en charge les commandes locales ou internationales de matériel.

– identifier les besoins en formation des kinésithérapeutes ou techniciens en réadaptation locaux et/ou autres travailleurs de santé.

– apporter son soutien au superviseur.

– s’assurer du suivi administratif de son service (dossiers des patients, statistiques, etc.).

En Conclusion :

Il apparait que le champ de compétence, les champs du possible, pour le Masseur Kinésithérapeute sont extrêmement vastes, allant de l’activité conventionnelle sur le sol national, basée sur les soins classiques de rééducation, jusqu’aux actions humanitaires dans les lieux les plus exposés du monde.

 

Entre ces deux « pôles » se déclinent tout un panel de possibilités d’actions très riches et variées, basées sur le soin à la personne dans son étendue la plus large.